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Le blog de nephret
Quelques poêmes, quelques réflexions, un peu journal intime et surtout partage des mots et des idées...

LA RENCONTRE

nephret #Ecriture

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La rencontre… que se joue-t-il dans une rencontre ?

Non, on ne se choisit pas par hasard. Et si les tout premiers regards, premiers mots et premiers gestes dessinaient l’avenir de notre couple ?

Au-delà de l’anecdote se dissimule une question que se posent parfois les couples : « Qu’est-ce qui aurait pu nous laisser penser que notre histoire allait évoluer ainsi ? Tout était-il écrit dans notre rencontre ? ». « Il n’y a pas de couple sans prédestination, affirme le psychanalyste Robert Neuburger. Mais il ne s’agit pas ici d’une fatalité venue de l’extérieur : c’est le couple lui-même qui fabrique sa propre prédestination. »

Pendant la fusion qui a suivi la rencontre, chacun a déjà inconsciemment repéré quelle est la faille de l’autre et qui fera écho à la sienne. » Il sera le sauveur, elle sera la sauvée ; elle soignera les séquelles d’une mère absente, il reproduira la tendresse d’un père aimant… Dans ce contrat implicite qui unit les deux inconscients, dès la rencontre, se dessinent déjà les moteurs du couple : lequel des deux partenaires sera le conciliateur, lequel exercera le pouvoir, lequel entraînera l’autre.

Rares sont ceux capables de discerner ce qui, dans la parole ou dans la communication non verbale, balise déjà le chemin à venir. Beaucoup préfèrent, sous couvert d’émoi amoureux, ne rien voir, ne rien interpréter des premiers signaux d’alarme. Et pourtant, le bon sens, l’honnêteté, devraient nous empêcher de nous aveugler volontairement.

Dès les premiers temps, on peut se sentir blessé par un regard, un geste, une parole. Il convient alors de discerner ce qui est de l’ordre de l’agacement de ce qui relève d’une vraie blessure.

(S’il émiette son pain au restaurant, éclabousse le sol en prenant son bain ou laisse les portes de placards ouvertes, fermer les yeux n’engage à rien. Mais si, comme l’amoureux de Patricia, il lance avec mépris : « Ma pauvre fille, tu ne comprends rien à rien », ou si, comme Stéphane, vous découvrez incidemment que votre douce élue vote Front national, inutile d’espérer que ces atteintes à vos valeurs s’atténueront ou qu’il suffira de faire changer votre partenaire.)

D’autant que nos réactions face à l’autre cohabitent avec nos propres mensonges et avec toutes les mises en scène que l’on s’impose pour répondre à ce que l’on imagine être son désir. Là encore,  l’honnêteté devrait nous pousser, nous obliger à être nous-mêmes, afin de ne pas tromper l’Autre.

(« Avec Christine, les relations sexuelles étaient “bien” mais sans plus, se souvient Alain. Comme j’étais très amoureux, je ne comprenais pas pourquoi. En fait, il a fallu trois mois pour que l’intensité de mes sentiments cesse d’inhiber ma vie sexuelle. J’avais tellement peur de lui déplaire que je ne me laissais pas aller. Si je lui en avais parlé, cela aurait pu ancrer les blocages. Il m’a suffi d’attendre qu’ils tombent. » )

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Un contrat implicite

 

Les thérapeutes sont unanimes : le vrai signal d’alarme doit se déclencher lorsque le couple se construit sur la négation du moi profond de l’un des partenaires. Pour Ghislain Devroede, chirurgien et psychosomaticien, il existe deux conceptions de l’amour. « Comme sur le divan, tout est une question de transfert. Si je prends l’autre pour ce qu’il n’est pas en espérant qu’il va me guérir, si je l’aime parce qu’il bouche un trou venu de mon histoire, il devient celui qui comblera mes manques. Et ça marchera tant que les partenaires se contenteront de cet équilibre bancal, construit sur l’instinct de mort : surtout ne pas bouger pour ne rien casser. Si, au contraire, l’autre existe par lui-même et que j’existe par moi-même, le couple est dans l’instinct de vie. Et sans doute dans la durée. »

Les étapes qui jalonnent le chemin entre la rencontre et la constitution du couple sont nombreuses : première nuit, présentation aux amis, aux familles, emménagement, ou autre forme de contrat… Et premier conflit : « Le contrat implicite, fondateur du couple, détermine la façon dont les partenaires vont fonctionner ensemble, explique Robert Neuburger. La première crise surgit quand ce pacte fondateur est remis en question. » Il y a trois ans, Cécile est tombée amoureuse de Simon pour son côté casse-cou et baroudeur. Aujourd’hui, elle n’en peut plus. Ce qu’elle jugeait d’un romantisme absolu est aujourd’hui source d’inquiétude et de lassitude : elle agresse Simon parce qu’il roule trop vite ou fait de la varappe sans protection.

« Le premier conflit est difficile à vivre, car il faut faire le deuil des vieilles valeurs et en trouver de nouvelles, poursuit Robert Neuburger. Il faut construire un nouveau couple en sachant qu’il arrive que l’un des conjoints ne suive pas

Si cette première crise est un ébranlement du mythe fondateur, elle permet aussi de mettre à l’épreuve la créativité du couple, c’est-à-dire sa capacité à s’inventer sans cesse. A deux, bien entendu.

 

Trois formes de rencontres »


Selon le psychiatre Edouard Zarifian, il existerait trois formes de rencontre :
1) la rencontre fascination : il/elle est tout ce dont je rêvais
2) la rencontre identification : il/elle est tout ce que j’aurais voulu être
3) la rencontre complémentarité : il/elle est tout ce qui me manquait).
« Quelles que soient les combinaisons, explique le psychiatre, nous sommes dans le désir, le narcissisme et l’identité. De tels mouvements psychologiques ne vont pas sans créer des turbulences. Une rencontre, c’est toujours une mise en question et le passage d’un ordre établi à un désordre, prélude à un nouvel ordre. C’est la vie par opposition à la mort. Il y aura un “avant” et un “après”. L’ordre nouveau est-il un désordre ? On pourrait le penser si l’on se réfère à ce qui préexistait. En fait, il s’agit d’un changement, donc, d’une évolution. C’est le désir ou la peur de ce changement qui favorise ou interdit la rencontre.

 

Impossible de changer l'autre.

“Pour faire lien, on refuse de voir ce qui sépare” Dès la rencontre, certaines choses nous déplaisent chez l’autre. Et on pense pouvoir les changer. La psychothérapeute Monique de Verdilhac nous dit pourquoi c’est impossible.

Au début d’une relation, on accepte de l’autre des comportements qui, normalement, nous seraient insupportables. Pourquoi ?
Soit parce que la rencontre a été passionnelle et que, dans la passion, il n’y a de place pour rien d’autre ; soit parce qu’il y a eu une longue phase d’apprentissage au cours de laquelle on a d’abord été attentif au positif qui permet de créer le lien. De ce fait, on a refusé de voir ce qui séparait… et qui réapparaîtra inévitablement.

Dans quelle mesure peut-on changer le comportement de la personne que l’on aime ?
On ne peut jamais changer l’autre ! On n’a aucun pouvoir sur lui, ou alors un pouvoir de manipulation, malsain. C’est à nous de faire le nécessaire pour nous libérer de ses comportements qui nous font souffrir. Il faut sortir de l’idée que notre partenaire est responsable d’une situation d’impasse : nous possédons tous, en nous-mêmes, les ressources nécessaires pour trouver des solutions et pour nous dégager du carcan des idées reçues.

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